Billet d’humeur – Toutes les femmes de ma vie

J’aime bien l’idée d’être une femme. Avec mes imperfections et mes angoisses, mon obsession de la propreté et mes coups de folie. J’ai parfois l’impression bizarre d’être plusieurs dans ma tête. Tantôt sérieuse et déterminée, je peux tout aussi bien basculer dans la frivolité et l’extrême jovialité. Aussi étrange que cela pourra vous paraître, j’aime aussi l’idée de vieillir et d’évoluer. Chaque âge apporte sa petite pierre à l’édifice. On se construit sur nos joies mais aussi sur nos déceptions et nos peines.

Dans moins d’un mois, je fêterai mes 37 ans. Alors on ne va pas se mentir, ça met une petite claque tout de même. Non pas que je souhaite m’étaler sur ma vie, mon oeuvre, mes mémoires. Mais comme vous le savez, je suis ici comme dans la vraie vie, une sacrée pipelette sentimentale. Alors j’ai décidé qu’il était temps de faire le point et de partager avec vous toutes les femmes que je suis, celles du passé, du présent et en devenir. Et ça fait un paquet de monde tout ça 😀

L’enfance, la délicieuse insouciance

Je pense sincèrement que mes parents se sont aimés. Tous deux venaient de deux univers radicalement opposés. Maman était fille de Général de Gendarmerie. Après la guerre d’Alger, toute la famille s’est installée en Lorraine dans la caserne militaire de Queuleu, à Metz. Mon père était issue d’une famille aisée. Ils se sont rencontrés au Lycée. Mon père était fou d’amour, ma mère a voulu y croire. Je suis arrivée et beaucoup d’amour ont bercé ces tendres années. Puis la rupture, j’avais 6 ans.

À 15 ans, fais ce qu’il leur plaît

À l’adolescence, mon seul plaisir était de faire rire mon entourage. À travers leurs sourires, je voyais dans leurs yeux de la tendresse et de l’attention. Une manière pour moi d’exister. De ne pas passer inaperçue… Car au fond ma plus grande des angoisses était là. Ballotée entre une maman carriériste et un papa absorbé par son nouveau foyer, j’ai souvent eu l’impression d’être là sans être là. Je suis alors devenue une boulimique de l’amitié. Plaire au plus grand nombre était devenu un leitmotiv. Et déplaire une de mes plus grandes angoisses.

À 19 ans, la rencontre

Quelques mois après le décès de mon papa, j’ai rencontré celui qui allait tout bouleversé. L’amour est entré dans ma vie crescendo. Au début sans conviction puis au fur et à mesure avec passion. Vivre ensemble fut une épreuve. Demander à un seul être de combler toutes ses angoisses est illusoire. Avec le temps, j’ai pris confiance en nous et nous avons pu enfin vivre notre relation plus sereinement. Et puis tout s’est accéléré. Un mariage, un chat, un appartement, un bébé. L’adolescente a laissé place à la femme. C’est fou comme le temps passe vite quand on est heureux…

À 30 ans, la prise de conscience

Les années passants, il a fallu faire quelques adieux. Beaucoup trop à mon goût. En l’espace d’une 10ène d’années, j’ai malgré-moi fais mes adieux à mes parents mais aussi mes grand-parents, mes oncles et tantes. Cela a brisé en moi une certaine innocence mais cela m’a aussi fait mûrir. J’ai  alors pris conscience que ce n’était pas aux autres que je devais plaire à tout prix mais à moi-même. Que la vie n’est qu’un bref passage et qu’il faut aller à l’essentiel J’ai plaqué mon job bien payé et créé mon agence événementielle. Travailler a été une thérapie au deuil. Et l’organisation de mariages une évidence. Boulimique de travail, j’ai sacrifié ma vie de famille et ma vie sociale durant 4 ans. Il fallait que je me prouve de quoi j’étais capable. Cette quête a pris fin grâce à une prise de conscience évidente. Exercer un travail passionnant est important mais pas à n’importe quel prix. J’ai mis des limites, me suis imposée des horaires et remis de l’ordre dans mes priorités. Un déménagement dans le Gard puis un bébé numéro 2 inattendu, la vie n’en fut que plus belle !

À bientôt 40 ans, la réconciliation

Ce qui nous amène à aujourd’hui. À l’aube de mes 37 ans, je sais enfin qui je suis et qui je ne veux plus être. Je n’ai plus soif de reconnaissance car au fond l’essentiel est là. Je ne serai jamais belle et célèbre, ni millionnaire, mais j’ai bâti une vie pleine de rires et d’amour. Mes amis et mes amours m’entourent avec simplicité et générosité. Beaucoup penseront que j’ai une vie banale, mais vous savez quoi, à mes yeux, cette vie est extraordinaire.

Alors, il y aura encore des difficultés à surmonter et des peines à panser, mais aujourd’hui je n’ai plus peur d’être celles que je suis.

Et vous, le temps qui passe, ça vous fait quoi ?

 

 

17 décembre 2015

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15 Comments

  1. Répondre

    Sarah, Les Jolis Mondes

    12 octobre 2015

    Je suis ravie d’en découvrir un peu plus sur toi par le biais de cet article que l’on sent très sincère. Ravie aussi que tu aies pu mieux te découvrir et trouver une forme d’apaisement avec le temps. Comme toi, j’ai longtemps voulu plaire, être acceptée, aimée, en passant parfois à côté de moi-même. Mais j’ai appris à dire non, à faire du tri dans les gens qui m’entourent, à ne pas m’oublier tout en prenant le temps d’être disponible pour les personnes qui comptent vraiment. Le temps qui passe ne m’effraie pas (encore ?) mais je réfléchis très souvent au futur, je me dis que le pire serait de vivre avec des regrets, alors j’ose autant que possible, je me lance. Bravo pour tous les projets que tu entreprends en tout cas, c’est super inspirant 😀

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    ginette

    12 octobre 2015

    C’est très touchant Clémentine. pas beoin de te connaître depuis des années pour savoir que tu es une belle personne avec une histoire qui t’est propre. Tu as une belle philosophie de vie que j’admire et à laquelle j’aspire moi aussi.

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    Amélie

    12 octobre 2015

    Si touchant cet article Clémentine… <3

  4. Répondre

    Clélia

    12 octobre 2015

    Oh J’ai adoré cet article ! J’en ai les larmes aux yeux.
    Je suis en pleine période de remise en question en ce moment avec la trentaine qui arrive, et cela me fait du bien de te lire et d’imaginer l’avenir.
    Merci <3

  5. Répondre

    Anaïs

    12 octobre 2015

    … Bravo pour ces jolis mots …
    Une belle histoire de femme, très touchant & plein de vérité !
    Anaïs

  6. Répondre

    Méa

    13 octobre 2015

    C’est beau, et apaisant de lire cela. <3
    Je suis en plein dans la crise des 25 ans, hate de voir comment j'en ressortirai.

  7. Répondre

    Clémentine

    13 octobre 2015

    Merci les filles pour ce bel accueil ! Pas si simple de se laisser aller à ces confidences personnelles. J’ai hésité mais je ne regrette pas une seconde. Tous vos témoignages ici et sur les réseaux sociaux m’ont démontré à quel point nous sommes toutes en quête de sérénité. La vie n’est pas plus compliquée que ça 😀

  8. Répondre

    Lorelei

    13 octobre 2015

    génial cet article, tellement bien écrit, très émouvant…
    bisous

  9. Répondre

    Lilou

    14 octobre 2015

    ❤️

  10. Répondre

    Queen Charlotte

    24 octobre 2015

    J’ai vu passer ton article et je me suis dis, il faut que je trouve le temps de le lire. Quel bel article Clem!! Comme toi… mes 37 ans arrivent dans 2 jours et j’avoue que ça pique un peu^^ Des bisous

  11. Répondre

    Laëtitia

    7 mai 2016

    Oh que c’est bon de te lire Clémentine… A 36 ans, je faus le même constat que toi sur ma vie… L’essentiel est là… Avec mon amoureux et mes deux p’tites nanas d’amour… Un vie simple mais remplie de bonheur… Une vie à mon image sans chichi, mais juste l’essentiel… De l’amour, du temps pour en profiter et des amis pour le partager… Tu as une très belle vision de ta vie passée et à venir… Merci pour ce joli partage !

    • Répondre

      Clémentine

      10 mai 2016

      Merci à toi Laëtitia !
      J’ai longtemps cru que la réussite passait par le travail. Aujourd’hui, je réalise que c’était Un leurre. Pourtant je ne regrette en rien ces années de travail acharné car je devais nécessairement en passer par là pour trouver mon équilibre. Et la vie s’est chargée de m’apprendre à relativiser et à apprécier les bonheurs simples en famille. Comme tu dis, l’essentiel est là <3

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    AME

    7 mai 2016

    Une vie banale?
    Une vie sereine je dirais plutôt.
    Je traverse depuis 2 ans une réelle révolution à l’aube de mes 35 ans, et j’aspire à cette sérénité que tu dégages.

    • Répondre

      Clémentine

      10 mai 2016

      AME, c’est tout à fait ça. Pour ma part cette vie me rempli de quiétude. Je suis moi aussi passée par la chao avant de trouver l’équilibre. Bon courage à toi !

  13. Répondre

    Lola M

    13 mai 2016

    Un très bel article Clementine. Ca m’a vraiment touchée de te lire.
    J’espère pouvoir faire le meme constat à l’aube de mes 40 ans.
    Belle continuation. Bises <3

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